Il y a quelques mois, quand Chéri et moi, nous nous sommes rencontrés, nous avons piaillés, beaucoup piaillés.

Nous avons parlé de nos enfants, de notre désir d'en avoir un autre. Et de bien d'autres choses bien sur.

 

Nous avons emmenagé ensemble dans la galère et la bonne humeur... Oui, nous avons déménagé à deux dans la neige! Et nous avons fait une bataille de boules de neige. Moi qui ne suis pas douée pour viser, ce jour là, c'est tomber dans le mille...ou plutot entre le cou et la capuche de Chéri!

 

Et puis beaucoup de choses se sont enchainées. Le JAF pour la garde de mon loulou, un décès dans ma famille, de la fatigue... Et encore de la fatigue.

De la fatigue, à ne rien faire à part... dormir!

Après moults calculs et un test (non parce que je ne suis pas super douée en calcul), j'étais enceinte.

Une victoire! Au milieu de tous ces changements, de tous ces emmerdements, nous allions être parents.

Cela expliquait les crises de larmes en écoutant une chanson qui ne m'avait, jusque là, pas émoustiller. Et puis les crises de fous rires, et les seins énoooormes (enfin c'est mon impression)

 

La prise de sang confirme. Un bébé pour début Novembre.

 

Et puis, un mardi matin, ce mal de ventre que j'avais connu pour Loulou. Des pertes de sang... Un passage à la clinique une heure plus tard et je me retrouve punie! Plus le droit de porter, arret d'une dizaine de jours et repos! Rien que des petits caillots qui s'évacuent nous dit la gynéco. Pas de datation possible, donc nous devions attendre le rendez vous déjà pris fin mars.

 

Pour le repos j'ai pas dis non!! Les siestes de Loulou furent les miennes.

 

Jusqu'à Samedi, tout allait bien. A part les contrariétés que j'ai avec le père de Loulou et sa famille... (Bizarre comme une belle mère peut devenir un vrai dragon... Mais ce n'est plus ma belle mère maintenant alors je m'en tape le cul par terre)

Nous somme retournés à la clinique le dimanche le matin.

Nous nous sommes effondrés quand mes doutes furent réels.

Nous venions de perdre notre enfant. Celui que nous voulions, celui dont nous revions...

La suite, c'est le sentiment d'impuissance qui a pris le relais. La colère, la peine. Tout se mélangeait. 

La douleur de ne jamais serrer cet enfant dans nos bras.

Notre chance, c'est d'avoir Loulou. Grâce à lui, nous reprenons le courage, nous avons le sourire, une raison de se dire que la vie vaut d'être vécue.

Meme si, ce vide est là. Présent à tous les instants de nos vies.

Alors, oui notre petit ange m'a sauvé la vie. Une grossesse extra utérine nous aurait fais souffir encore plus si elle avait été plus loin dans le temps. On aura beau me seriner cette raison à chaque fois, ce ne fera pas partir la douleur. 

 

Depuis, j'ai trouvé un boulot qui me plait. Et tous les jours c'est difficile...

Difficile parce que, dans entourage, ce qui est tout à fait normal, des femmes sont enceintes. Une de mes meilleures amies a accouché d'une magnifique petite fille, il y a quelques jours. 

Certaines, comme elle, ont été les premières à me réconforter. A me demander comment j'allais. Comment nous allions.

Et puis d'autres, qu'elles soient au courant ou non, qu'elles ne soient que des collègues, connaissances ou des amies, me font du mal tous les jours. En affichant et en parlant sans aucune gêne de leur grossesse.

 

Parce que, pour moi, je devrais être enceinte de cinq mois. Je devrais connaitre le sexe de mon bébé. je devrais avoir un beau ventre arrondi.Je devrais avoir la chance de le revoir bouger, et de le tenir dans mes bras.